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Transition vers l’industrie bas carbone : adapter les procédés thermiques et les utilités de site pour respecter les objectifs climatiques

Transition vers l’industrie bas carbone : adapter les procédés thermiques et les utilités de site pour respecter les objectifs climatiques

Transition vers l’industrie bas carbone : adapter les procédés thermiques et les utilités de site pour respecter les objectifs climatiques

Face à l’accélération des objectifs climatiques, les industriels n’ont plus vraiment le choix : pour rester compétitifs, il faut réduire rapidement l’empreinte carbone des procédés, en particulier de tout ce qui touche à la chaleur et aux utilités de site. Or, dans de nombreux secteurs (chimie, agroalimentaire, matériaux, métallurgie, papier-carton…), la chaleur représente encore 60 à 80 % des consommations d’énergie. C’est donc par là qu’il faut commencer.

La bonne nouvelle : une large part de ces émissions peut être réduite avec des solutions déjà matures, à condition de structurer la démarche et d’embarquer les équipes production, maintenance et énergie autour d’objectifs communs.

Un contexte réglementaire qui pousse à transformer les procédés

En Europe, le cap est clair : neutralité carbone à horizon 2050, avec une baisse d’au moins 55 % des émissions d’ici 2030 par rapport à 1990. La France décline ces objectifs via la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) et différents dispositifs : quotas carbone (EU ETS), décrets tertiaire et BACS, aide au financement des projets d’efficacité énergétique, etc.

Pour les sites industriels, cela se traduit par :

Dans ce contexte, les procédés thermiques et les utilités de site (vapeur, air comprimé, froid, eau industrielle, etc.) sont au cœur du sujet : ils concentrent une part importante des consommations et des émissions, mais restent encore souvent pilotés « à l’ancienne », avec des marges de progrès significatives.

Procédés thermiques : où se cachent les principaux gisements de réduction carbone ?

Avant de parler hydrogène ou chaleur renouvelable, un constat s’impose : dans la plupart des diagnostics énergie réalisés en usine, 20 à 30 % des consommations liées à la chaleur peuvent être économisés par des actions d’efficacité bien ciblées, à retour sur investissement court.

Les gisements les plus fréquents se situent autour de quatre familles de procédés :

Dans de nombreux cas, la première étape gagnante consiste à remettre à plat les besoins réels en énergie thermique :

Les réponses à ces questions ouvrent souvent la voie à des gains rapides, sans changement technologique majeur.

Décarboner la chaleur : leviers technologiques prioritaires

Une fois les gisements d’efficacité identifiés, se pose la question du mix énergétique futur de l’usine. Comment chauffer sans (ou avec beaucoup moins de) gaz fossile ou fioul lourd ? Plusieurs briques technologiques peuvent être combinées.

L’enjeu n’est pas de tout faire en même temps, mais de hiérarchiser les actions selon un triptyque simple : impact carbone, faisabilité technique, retour sur investissement.

Adapter les utilités de site : vapeur, air comprimé, froid, eau industrielle

On sous-estime souvent le poids des utilités dans l’empreinte carbone d’un site. Pourtant, les systèmes de vapeur, de froid, d’air comprimé et de pompage représentent fréquemment 30 à 50 % des consommations électriques et thermiques totales.

Quelques leviers structurants à considérer :

Les utilités sont aussi un terrain favorable pour une approche « quick wins » : de nombreux projets présentent des temps de retour sur investissement inférieurs à trois ans, tout en préparant la bascule vers un mix énergétique plus sobre en carbone.

Construire une feuille de route bas carbone : méthode opérationnelle

Pour éviter l’empilement de projets isolés, la plupart des sites gagnent à structurer une feuille de route pluriannuelle sur leurs procédés thermiques et leurs utilités. Une démarche type peut s’articuler ainsi.

Cette structuration permet aussi de dialoguer plus sereinement avec le siège, les investisseurs et les autorités, preuves à l’appui, sur la trajectoire bas carbone du site.

Quels indicateurs suivre pour piloter la performance bas carbone ?

Sans mesure, difficile de piloter. Pour les procédés thermiques et les utilités, quelques indicateurs clés s’imposent.

Ces indicateurs gagnent à être intégrés dans le tableau de bord global du site, aux côtés des classiques sécurité, qualité, coûts et délais. La performance carbone devient alors un sujet de pilotage quotidien, et non un rapport produit une fois par an.

Trois retours d’expérience typiques sur le terrain

Les situations rencontrées sur sites sont très diverses, mais certains schémas reviennent régulièrement.

Faire de la décarbonation un projet d’usine, pas seulement un projet énergie

Adapter les procédés thermiques et les utilités pour respecter les objectifs climatiques ne se résume pas à changer de brûleurs ou à installer quelques récupérateurs. C’est une transformation industrielle, qui touche à la fois à la technique, à l’organisation et au modèle économique des sites.

Les projets les plus réussis sont ceux qui :

La transition vers l’industrie bas carbone ne se fera pas en un seul projet ni en une seule année. En revanche, chaque site peut dès maintenant engager des actions ciblées sur ses procédés thermiques et ses utilités pour réduire ses émissions, sécuriser sa compétitivité et se donner de la marge de manœuvre face aux futures exigences réglementaires et clients.

La question n’est plus « faut-il y aller ? », mais « par où commencer, et avec quels leviers concrets dès les prochains mois ? ».

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