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Robotique collaborative : nouvelles exigences de sécurité et cas d’usage en production pour les lignes d’assemblage modernes

Robotique collaborative : nouvelles exigences de sécurité et cas d’usage en production pour les lignes d’assemblage modernes

Robotique collaborative : nouvelles exigences de sécurité et cas d’usage en production pour les lignes d’assemblage modernes

Robotique collaborative : un nouvel équilibre entre productivité et sécurité

En quelques années, les cobots ont quitté les salons professionnels pour s’installer au cœur des lignes d’assemblage. Baisse des coûts, manque de main-d’œuvre, pression sur les délais et la qualité : tous les signaux poussent les industriels à automatiser davantage, y compris sur des postes historiquement “trop flexibles” pour la robotique traditionnelle.

Mais cette montée en puissance s’accompagne d’un changement de paradigme : la robotique collaborative repose sur un partage d’espace entre l’homme et la machine. Résultat : les exigences de sécurité ne sont plus les mêmes que pour une cellule robotisée classique, cloisonnée derrière des barrières.

Pour un directeur d’usine, un responsable HSE ou un chef de projet industrialisation, la question n’est plus “Faut-il un cobot ?”, mais plutôt : “Comment l’intégrer dans une ligne d’assemblage moderne, sans créer de nouveaux risques et avec un retour sur investissement mesurable ?”.

Ce que change réellement la robotique collaborative pour les lignes d’assemblage

Sur le papier, un cobot, c’est simple : un robot plus léger, plus intuitif, qu’on peut approcher de très près. Dans la pratique industrielle, la robotique collaborative modifie la façon de concevoir les postes, d’organiser les flux et de penser la sécurité.

Quatre évolutions majeures ressortent sur le terrain :

Autrement dit, un projet cobot n’est pas un “mini-projet robotique”. C’est une refonte locale de l’organisation du travail, avec des impacts directs sur la productivité, l’ergonomie et la maîtrise des risques.

Nouvelles exigences de sécurité : au-delà du “cobot = sûr”

Un point clé, souvent mal compris : un cobot n’est pas “intrinsèquement sûr” en toutes circonstances. C’est l’application collaborative qui doit être sécurisée.

Les référentiels qui font autorité aujourd’hui sont notamment :

Concrètement, trois familles d’exigences structurent les projets de cobot en assemblage.

Évaluation de risques spécifique à l’application collaborative

L’évaluation des risques, déjà obligatoire pour toute machine, devient centrale avec la collaboration homme–robot. Elle ne se limite plus à “y a-t-il un risque d’écrasement ou de cisaillement ?”, mais s’élargit à des scénarios dynamiques :

Les intégrateurs les plus matures systématisent une démarche en trois temps :

En sortie, on retrouve un “profil de sécurité” de l’application, qui conditionne directement le choix des fonctionnalités collaboratives et des équipements complémentaires (laser scanners, tapis sensibles, barrières optiques, etc.).

Quatre modes de collaboration homme–robot à maîtriser

L’ISO/TS 15066 définit quatre modes fondamentaux de collaboration, souvent combinés dans un même poste :

Dans les lignes d’assemblage, on observe très fréquemment des combinaisons du type :

Le choix du mode ou de la combinaison de modes n’est pas un sujet “confort”, mais un levier direct de cadence, d’ergonomie et de conformité réglementaire.

Composants, préhenseurs et outillages : le point faible souvent oublié

Un cobot peut être “collaboratif” du point de vue constructeur, mais l’application finale ne plus l’être si :

La tendance actuelle est à l’émergence d’une “écosystème collaboratif” complet : préhenseurs souples, systèmes de serrage à déformation contrôlée, outillages à arrêt automatique en cas de contact anormal.

Pour un industriel, la question à se poser à chaque fois est simple : “En cas de choc ou de contact, quelle partie du système va encaisser l’effort, et à quel niveau ?”. C’est souvent là que se joue la différence entre un poste réellement collaboratif et un robot bridé au point de perdre tout intérêt productif.

Cas d’usage concrets en lignes d’assemblage modernes

Dans l’automobile, l’aéronautique, l’électronique ou les biens d’équipement, certains cas d’usage reviennent systématiquement lorsque l’on parle de cobots en assemblage.

Vissage collaboratif et assemblage de composants

Sur des lignes multivariantes, le vissage manuel reste un poste critique : répétitif, physiquement exigeant, et très dépendant de la vigilance de l’opérateur pour garantir le bon couple et la bonne séquence.

Les cobots sont de plus en plus déployés pour :

Retour terrain typique dans un atelier d’assemblage de sous-ensembles mécaniques :

Côté sécurité, on retrouve souvent une combinaison PFL + SSM, avec limitation stricte des vitesses en zone de vissage à proximité des opérateurs.

Alimentation de postes d’assemblage et kitting

Un autre gisement de gains se situe dans l’alimentation des postes : acheminer les pièces, préparer des kits, éviter aux opérateurs des déplacements incessants.

Les cobots sont ici utilisés pour :

Impact mesuré dans une usine d’assemblage électronique :

La sécurité repose ici beaucoup sur une bonne gestion des zones de circulation, une détection de présence fine et une séparation claire des rôles : à l’opérateur la valeur ajoutée, au cobot la manutention répétitive.

Application de colle, de joint ou de produit d’étanchéité

Les opérations de dépose de colle ou de joints sont sensibles à la fois en termes de qualité et de santé au travail (exposition aux produits, postures).

Un cobot peut :

Sur un site de fabrication de boîtiers plastiques, la mise en place d’un poste collaboratif de dépose de colle a permis :

Du point de vue sécurité, la vigilance porte autant sur le mouvement du cobot que sur la gestion des produits (ventilation, EPI, procédures de nettoyage).

Contrôle qualité in-line et traçabilité

Les cobots trouvent aussi une place croissante dans le contrôle qualité, en particulier sur des séries courtes ou des produits complexes :

Avantage clé : la détection précoce des dérives, avec des remontées d’informations directement exploitables pour ajuster les réglages ou la maintenance.

Pour les responsables de production, le lien entre cobot, contrôle qualité et MES permet de passer d’un contrôle échantillonné en fin de ligne à un contrôle plus continu, sans impact majeur sur le temps de cycle.

Checklist : sécuriser un projet de cobot en assemblage, de l’idée au déploiement

Pour éviter l’effet “POC sympathique mais non industrialisable”, un projet de robotique collaborative doit suivre une trajectoire structurée. Une checklist simple permet de cadrer rapidement les priorités.

1. Clarifier le besoin industriel

2. Évaluer l’aptitude du poste à la collaboration

3. Impliquer les opérateurs dès la phase de conception

4. Formaliser l’analyse de risques et les exigences de performance

5. Concevoir les modes opératoires collaboratifs

6. Mettre en place les indicateurs de performance

7. Organiser la montée en compétences

ROI, acceptation sociale et maturité : les trois leviers de réussite

Un poste collaboratif peut être techniquement au point et pourtant échouer s’il n’apporte pas trois éléments :

La robotique collaborative n’est pas uniquement une affaire d’ingénierie. C’est un outil de transformation des ateliers, qui oblige à revisiter l’équilibre entre automatisation et intervention humaine.

Sur les lignes d’assemblage modernes, la question n’est plus “cobots ou pas cobots”, mais : “sur quels postes, avec quels objectifs, et avec quel niveau d’exigence en matière de sécurité et de performance ?”. Les industriels qui obtiennent les meilleurs résultats sont ceux qui abordent le sujet de façon structurée, en intégrant dès le départ les opérateurs, les équipes HSE et les responsables de production autour de la même table.

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