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Modernisation des systèmes d’automatisation : migrer sans risque des automates obsolètes vers des architectures ouvertes et sécurisées

Modernisation des systèmes d’automatisation : migrer sans risque des automates obsolètes vers des architectures ouvertes et sécurisées

Modernisation des systèmes d’automatisation : migrer sans risque des automates obsolètes vers des architectures ouvertes et sécurisées

Dans de nombreuses usines, la scène est la même : des automates programmables (API/PLC) installés il y a 15, 20 voire 30 ans, qui pilotent encore des équipements critiques. Ils tournent jour et nuit, sans faillir… jusqu’au jour où une carte lâche, où le fournisseur annonce l’arrêt définitif des pièces détachées, ou pire, où une faille de cybersécurité est exploitée.

Face à cette réalité, une question s’impose : comment moderniser ces systèmes d’automatisation sans mettre en danger la production, ni exploser les coûts et les délais ?

Un parc d’automates vieillissant, un risque désormais stratégique

Dans l’industrie, les cycles de vie des équipements sont longs. De nombreux sites s’appuient encore sur :

Jusqu’à récemment, ce choix pouvait se défendre : les systèmes anciens étaient considérés comme stables, “déconnectés du monde” et amortis de longue date. Mais le contexte a profondément changé :

Résultat : maintenir des automates obsolètes n’est plus seulement une contrainte technique. C’est un risque business.

Pourquoi il est temps de passer à des architectures ouvertes et sécurisées

Moderniser son automatisation ne consiste pas uniquement à remplacer un automate par un modèle plus récent. C’est l’occasion de repositionner l’architecture de contrôle et de supervision autour de trois axes :

Dans les faits, les industriels qui migrent vers des architectures ouvertes observent généralement :

Reste une inquiétude centrale : comment basculer sans mettre la production en péril ?

Les risques réels d’une migration mal maîtrisée

Les projets de migration d’automates échouent rarement pour des raisons purement techniques. Les difficultés viennent souvent de la préparation insuffisante et de la sous-estimation des impacts.

Les risques principaux identifiés sur le terrain sont :

La bonne nouvelle : ces risques peuvent être largement maîtrisés avec une approche structurée, inspirée des meilleures pratiques de l’ingénierie système et des retours d’expérience des sites déjà passés par cette étape.

Méthodologie de migration : une feuille de route en étapes clés

Un projet de migration réussi commence rarement par le choix d’un automate. Il commence par un diagnostic et une cartographie.

1. Cartographier l’existant, sans rien oublier

L’objectif n’est pas uniquement de lister les automates. Il s’agit de documenter l’ensemble de la chaîne de contrôle :

Cette phase est souvent l’occasion de redécouvrir des éléments « oubliés » : une liaison série avec un équipement critique, une logique de sécurité partiellement câblée, ou des scripts tournant sur un vieux PC industriel.

2. Qualifier les risques et prioriser les zones à migrer

Plutôt que de tout changer d’un coup, il est généralement plus pertinent de prioriser :

Cette priorisation permet de bâtir un plan pluriannuel réaliste, aligné avec les arrêts de maintenance et les capacités de financement.

3. Définir l’architecture cible “ouverte et sécurisée”

C’est à ce stade que les choix techniques structurants doivent être faits :

L’enjeu est de construire une cible suffisamment standardisée pour réduire la complexité et les coûts de maintenance, sans figer l’avenir.

4. Prototyper et tester en environnement hors production

Transposer un programme d’automate ancien vers un automate moderne “au kilomètre” est rarement une bonne idée. Mieux vaut :

Cette phase pilote permet de valider les choix d’architecture, la performance des réseaux, la compatibilité des équipements, et de mesurer la courbe d’apprentissage réelle des équipes.

5. Organiser la bascule et sécuriser le redémarrage

La bascule ne devrait jamais être un saut dans le vide. Quelques principes issus des retours d’expérience :

Une fois cette première migration maîtrisée, les itérations suivantes deviennent plus rapides et plus fiables, car l’organisation a capitalisé sur une méthode et des standards communs.

Intégrer la cybersécurité dès la conception, pas en “surcouche”

La modernisation des automates est le moment idéal pour corriger un biais historique : l’ajout de la cybersécurité en fin de projet, comme une contrainte supplémentaire. Dans un environnement connecté, cette approche ne fonctionne plus.

Quelques axes concrets, applicables dès la phase de design :

Cette démarche est d’autant plus efficace qu’elle est menée en coopération étroite entre les équipes OT, IT et RSSI. Les projets de migration sont une opportunité rare de les faire travailler ensemble autour d’un objectif commun.

Retours d’expérience : trois situations fréquentes sur le terrain

Les cas concrets permettent de mieux visualiser les enjeux et les leviers.

Site agroalimentaire multi-lignes

Un groupe agroalimentaire s’appuyait sur une douzaine de lignes de conditionnement, équipées de différents automates propriétaires en fin de vie. Pièces détachées rares, documentation partielle, et un objectif : réduire de 20 % les temps d’arrêt non planifiés.

La stratégie retenue :

Résultat sur 24 mois : disponibilité globale des lignes +6 points, temps moyen de diagnostic divisé par 2 grâce à une meilleure remontée d’alarmes et de données process.

Usine de pièces automobiles, forte contrainte de cadence

Un site de production de pièces automobiles disposait de lignes automatisées anciennes, avec des automates obsolètes mais extrêmement optimisés pour la cadence. La crainte majeure : perdre cette performance en migrant.

Les choix déterminants :

Le site a finalement intégré la nouvelle architecture sans perte de cadence, en gagnant en flexibilité sur les changements de référence.

Site chimique, exposition accrue au risque cyber

Un site chimique, soumis à des contraintes réglementaires fortes, avait vu se multiplier les accès distants non maîtrisés (télémaintenance, supervision à distance…). Avec des automates et PC de supervision non à jour, le niveau de risque cyber était jugé critique.

La réponse :

Au-delà du renouvellement technique, c’est la gouvernance des accès OT qui a été revue, avec une visibilité accrue du RSSI sur les flux entre l’usine et l’extérieur.

Checklist opérationnelle pour préparer une migration sans rupture

Pour passer à l’action, une checklist synthétique peut servir de base de travail aux responsables industriels et à leurs équipes.

La modernisation des systèmes d’automatisation n’est plus un sujet que l’on peut repousser indéfiniment. C’est une transformation progressive, à piloter comme un projet industriel à part entière, avec un cap clair : des architectures ouvertes, sécurisées et maîtrisées, au service de la performance opérationnelle.

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