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Hydrogène bas carbone : quelles opportunités pour les industriels et les équipements de process dans la décarbonation des procédés

Hydrogène bas carbone : quelles opportunités pour les industriels et les équipements de process dans la décarbonation des procédés

Hydrogène bas carbone : quelles opportunités pour les industriels et les équipements de process dans la décarbonation des procédés

Hydrogène bas carbone, hydrogène vert, hydrogène renouvelable… Derrière ces termes, une même promesse : décarboner des procédés industriels difficiles à électrifier, tout en sécurisant la compétitivité des sites. Mais entre annonces de gigafactories, plans nationaux et réalité du terrain, où en sont réellement les opportunités pour les industriels, et plus spécifiquement pour les équipements de process ?

Pour de nombreux acteurs de la chimie, de la métallurgie, de l’agroalimentaire ou encore du verre, la question n’est plus « faut-il s’y intéresser ? », mais « comment passer d’un POC à une solution opérationnelle, rentable et sécurisée ? ».

Hydrogène bas carbone : de quoi parle-t-on exactement ?

Avant de parler investissements et rétrofits d’équipements, il est utile de clarifier le vocabulaire. On distingue généralement :

Pour un industriel, la vraie question est donc : quel hydrogène bas carbone est techniquement et économiquement accessible pour mon site, sur mon territoire, avec mon profil de consommation ?

Pourquoi l’hydrogène devient un sujet clé pour les procédés industriels

L’hydrogène bas carbone s’impose progressivement comme un levier sérieux pour trois types de besoins industriels :

À ces drivers techniques s’ajoutent des pressions de plus en plus tangibles :

Autrement dit, l’hydrogène bas carbone ne se résume plus à un sujet R&D ou à un projet vitrine. Pour certains métiers, c’est un prérequis pour maintenir l’activité à moyen terme.

Où sont les opportunités concrètes par type de procédés ?

Les opportunités ne sont pas les mêmes selon que l’on parle d’un four de fusion, d’une unité de cracking ou d’un sécheur indirect. Voici les principaux gisements identifiés sur le terrain.

Chimie, raffinage et engrais : priorité au « switch » d’hydrogène

Dans ces secteurs, l’hydrogène est déjà massivement consommé comme matière première ou agent réducteur. Les opportunités à court terme sont claires :

Impact côté équipements de process :

Les premiers retours d’expérience montrent qu’un projet de « switch H₂ » réussi commence rarement par la technologie d’électrolyse, mais bien par un audit détaillé des flux d’hydrogène existants sur le site.

Sidérurgie et métallurgie : hydrogène comme réducteur et vecteur thermique

Dans la sidérurgie, l’hydrogène arrive au cœur du procédé avec les technologies de réduction directe du minerai de fer (DRI) utilisant de l’H₂ à la place du charbon.

Les impacts pour les équipements sont structurants :

L’hydrogène ne remplace pas seulement le carbone comme agent réducteur ; il change également les profils thermiques, les régimes de combustion et la gestion des sous-produits. D’où la nécessité d’une approche conjointe procédés & équipements dès les phases de faisabilité.

Agroalimentaire, verre, matériaux : décarboner la chaleur de procédé

Dans ces secteurs, l’hydrogène est surtout regardé comme substitut partiel ou total au gaz naturel sur la chaleur de procédé, en particulier pour :

Les opportunités dépendent fortement de la capacité des équipements à accepter des mélanges hydrogène / gaz naturel :

Les études pilotes menées sur des fours de verrerie ou des lignes de cuisson montrent qu’une approche « tout hydrogène » n’est pas forcément réaliste à court terme, mais qu’un mix optimisé électricité + H₂ + efficacité énergétique peut générer des gains CO₂ significatifs tout en préservant la stabilité du process.

Impacts techniques sur les équipements de process : ce qu’il faut anticiper

Passer à l’hydrogène bas carbone n’est pas une simple question de « changer de combustible ». Côté équipements de process, plusieurs familles d’impacts reviennent systématiquement dans les projets.

Combustion et performances thermiques

L’hydrogène a des propriétés de combustion très différentes du méthane :

Pour les industriels, cela se traduit par :

Matériaux, corrosion et étanchéité

L’hydrogène est une petite molécule, avec une forte capacité de diffusion, qui peut générer :

Sur les équipements de process, il est crucial de vérifier :

Sécurité, instrumentation et automatisation

La maîtrise du risque H₂ impose une révision des logiques de sécurité et de l’instrumentation :

Plusieurs industriels rapportent que l’acceptabilité interne des projets H₂ a fortement progressé dès lors que la démarche sécurité a été abordée très en amont, avec les équipes HSE, maintenance et production à la même table que les procédés et les fournisseurs d’équipements.

Comment structurer un projet hydrogène bas carbone côté industriel ?

Pour éviter l’effet « démonstrateur isolé », les sites qui avancent le plus vite suivent des démarches structurées, avec quelques constantes.

Étape 1 : cartographier les usages et les équipements éligibles

Le point de départ est un bilan énergétique et matière détaillé du site, avec un zoom sur :

Objectif : identifier des « îlots hydrogène » prioritaires, techniquement atteignables et avec un ROI potentiel intéressant (par exemple un four majeur ou une unité continue à fort taux d’utilisation).

Étape 2 : analyser les options d’approvisionnement en hydrogène

Ensuite vient la question de la source :

Le dimensionnement d’un électrolyseur, par exemple, est intimement lié au profil de consommation des équipements de process : pointe vs base, continuité du procédé, flexibilité possible, intégration avec un PPA renouvelable, etc.

Étape 3 : réaliser une étude de faisabilité techno-économique par cas d’usage

Plutôt que de raisonner en « % de substitution globale », les projets les plus robustes s’appuient sur des cas d’usage ciblés :

L’étude de faisabilité intègre :

Étape 4 : tester à petite échelle, instrumenter et capitaliser

La plupart des industriels passent par une phase pilote, sur un équipement représentatif :

Les retours d’expérience montrent l’importance de :

Checklist opérationnelle pour les responsables de sites et directeurs industriels

Pour passer d’une intention stratégique à un programme concret, une checklist simple peut servir de fil conducteur :

Indicateurs à suivre pour piloter un projet hydrogène sur un site industriel

Au-delà des essais techniques, les sites qui réussissent à pérenniser leurs projets hydrogène sont ceux qui savent les piloter dans la durée avec des KPI clairs, par exemple :

Ces indicateurs, suivis dans le temps, permettent d’objectiver les performances, de sécuriser l’acceptabilité interne et de préparer de nouvelles phases d’extension.

Se positionner dès maintenant sans tomber dans le « tout hydrogène »

L’hydrogène bas carbone ne sera ni la solution unique, ni instantanée à la décarbonation industrielle. Mais pour de nombreux procédés, en particulier ceux à haute température ou fortement dépendants de l’hydrogène comme matière première, il fait désormais partie du mix incontournable aux côtés de :

Du point de vue des équipements de process, le sujet n’est plus seulement « quel hydrogène choisir ? », mais « comment rendre mes installations H₂-ready pour ne pas verrouiller les options de décarbonation des 15–20 prochaines années ? ».

Pour les directions industrielles, l’enjeu est donc double :

Ceux qui sauront articuler intelligemment hydrogène bas carbone, optimisation des procédés et modernisation de leurs équipements disposeront d’un avantage compétitif tangible, à la fois sur leur bilan carbone et sur la résilience industrielle de leurs sites.

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