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Gestion de l’énergie en usine : optimiser la consommation grâce aux données en temps réel et aux systèmes de pilotage intelligents

Gestion de l’énergie en usine : optimiser la consommation grâce aux données en temps réel et aux systèmes de pilotage intelligents

Gestion de l’énergie en usine : optimiser la consommation grâce aux données en temps réel et aux systèmes de pilotage intelligents

Pourquoi la gestion de l’énergie devient un enjeu stratégique pour les usines

Coût de l’énergie sous tension, pression réglementaire croissante, exigences RSE des clients, compétitivité internationale… La facture énergétique n’est plus une simple ligne de dépense pour les sites industriels. Elle devient un véritable levier de performance et de différenciation.

Dans beaucoup d’usines, l’énergie reste pourtant gérée “à l’ancienne” : suivi mensuel via les factures, relevés manuels, peu de corrélation avec la production, et des actions correctives souvent tardives. Résultat : des dérives difficilement détectables, des surconsommations invisibles, et un pilotage essentiellement réactif.

À l’inverse, les industriels qui s’équipent de systèmes de mesure en temps réel et de solutions de pilotage intelligentes commencent à traiter l’énergie comme une ressource de production à part entière : mesurée, analysée, optimisée, au même titre que les matières premières ou le TRS.

La question n’est plus “Faut-il s’équiper ?” mais plutôt “Comment s’y prendre concrètement, et avec quels retours sur investissement ?”.

Ce que permet vraiment la donnée énergétique en temps réel

Passer d’une vision mensuelle à une vision temps réel transforme la façon de piloter un site. On ne parle pas seulement de “voir” la consommation, mais de la connecter aux opérations et à la performance industrielle.

Les principaux bénéfices observés sur le terrain :

Autrement dit, la donnée temps réel permet de passer du “on pense que” au “on sait que”, et de transformer des intuitions en plans d’actions chiffrés.

Cartographier sa consommation énergétique : par où commencer

Avant de parler d’algorithmes et de pilotage intelligent, une étape est incontournable : la mesure. Mais il ne s’agit pas de couvrir tout le site de capteurs. L’enjeu est d’identifier les gros postes consommateurs et les leviers actionnables.

Les étapes clés pour construire une cartographie utile :

Sur un site de 15 000 m², un équipementier automobile a ainsi démarré avec une dizaine de compteurs électriques intelligents et la récupération des données de température et pression de ses compresseurs existants. Résultat : un premier plan d’actions avec -9 % de consommation en 12 mois, sans investir dans de nouvelles machines.

Les briques techniques d’un système de pilotage énergétique intelligent

Un système de gestion de l’énergie moderne (EMS – Energy Management System) repose généralement sur quatre briques principales, qui peuvent être déployées progressivement.

1. La couche de mesure et de collecte

2. La plateforme de supervision et de visualisation

3. Les moteurs d’analyse et d’aide à la décision

4. Le pilotage automatique ou semi-automatique

Le niveau d’automatisation dépend du degré de maturité du site. Beaucoup d’usines commencent par une logique d’alerte et de recommandations, avant de basculer progressivement vers des scénarios de pilotage automatique validés par les équipes.

Trois cas d’usage concrets en usine

Pour illustrer le potentiel du temps réel et du pilotage intelligent, trois situations fréquentes dans les usines.

Cas 1 : maîtriser l’air comprimé, “quatrième fluide” trop souvent gaspillé

Dans une usine agroalimentaire, l’air comprimé représentait près de 20 % de la consommation électrique, sans suivi précis. La mise en place de :

a permis de mettre en évidence :

Actions mises en œuvre :

En moins de 9 mois, la consommation liée à l’air comprimé a baissé de 18 %, avec un ROI inférieur à un an.

Cas 2 : ajuster les consignes de chauffage des bâtiments industriels

Sur un site de fabrication de pièces plastiques, les ateliers et locaux annexes étaient chauffés avec des consignes fixes, peu corrélées aux horaires réels de production. Le monitoring temps réel a mis en évidence :

Grâce à un système de pilotage centralisé et à une meilleure coordination avec les plannings RH :

Résultat : entre -10 et -12 % sur la consommation de chauffage, sans dégradation du confort.

Cas 3 : lisser les pics de puissance sur une ligne de production

Dans une usine métallurgique, les fours électriques généraient régulièrement des dépassements de puissance, entraînant des pénalités importantes. L’analyse des courbes de charge a montré :

Un module de pilotage a été mis en place pour :

À la clé : réduction significative des dépassements de puissance et baisse de la facture globale, avec un retour sur investissement en moins de 18 mois.

Mettre en place un projet de gestion énergétique data-driven : mode d’emploi

Pour éviter le “proof of concept” qui reste au stade du pilote, mieux vaut structurer dès le départ sa démarche autour de quelques principes simples.

1. Clarifier les objectifs et les indicateurs

Ces objectifs doivent être associés à des indicateurs clairs, suivis régulièrement et partagés avec les équipes.

2. Démarrer par un périmètre pilote à fort impact

L’objectif : démontrer un gain tangible en 6 à 12 mois, pour ensuite étendre progressivement la démarche.

3. Impliquer les fonctions clés dès le début

Sans cette gouvernance transverse, le risque est de voir la solution perçue comme un outil “de plus” plutôt que comme un levier opérationnel.

4. Anticiper les questions de cybersécurité industrielle

La connexion des équipements et des automates à des plateformes de collecte de données nécessite un minimum de rigueur :

De plus en plus de solutions EMS industrielles intègrent nativement ces exigences, mais la coordination avec les équipes IT reste indispensable.

5. Préparer l’accompagnement au changement

Un système de pilotage intelligent ne remplace pas l’expertise de terrain. Il la renforce. Pour cela :

Quels gains attendre et comment les mesurer

Les retours d’expérience convergent vers un ordre de grandeur : une démarche structurée de gestion de l’énergie pilotée par les données permet généralement de viser :

Pour objectiver ces gains, quelques familles d’indicateurs à suivre :

L’enjeu est de rendre ces indicateurs vivants : affichés, commentés, intégrés dans les décisions quotidiennes, plutôt que réservés à un rapport annuel.

Vers une usine plus résiliente et attractive

Dans un contexte où le prix de l’énergie reste volatil et où la décarbonation s’impose à tous les niveaux de la chaîne de valeur, les usines qui développent une culture de la donnée énergétique prennent une longueur d’avance :

La bonne nouvelle : il n’est pas nécessaire de transformer l’usine en laboratoire de recherche pour démarrer. Quelques capteurs bien placés, une plateforme de suivi adaptée au monde industriel et une équipe mobilisée suffisent pour générer des premiers résultats significatifs.

Ensuite, la dynamique s’auto-alimente : plus les équipes disposent de données fiables et de leviers de pilotage, plus les idées d’optimisation émergent. L’énergie n’est plus subie : elle devient un terrain d’innovation opérationnelle, au service de la performance globale du site.

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