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Cybersécurité industrielle : protéger les systèmes scada et ics face à la montée des cybermenaces dans les usines connectées

Cybersécurité industrielle : protéger les systèmes scada et ics face à la montée des cybermenaces dans les usines connectées

Cybersécurité industrielle : protéger les systèmes scada et ics face à la montée des cybermenaces dans les usines connectées

Usines connectées : pourquoi les systèmes SCADA et ICS sont devenus une cible prioritaire

En quelques années, les usines sont passées du monde des automates isolés à celui des lignes de production intégrées, interconnectées, pilotées à distance. ERP, MES, capteurs IoT, maintenance prédictive, accès fournisseurs : l’atelier est devenu un réseau à part entière.

Cette transformation améliore la productivité et la flexibilité, mais elle expose directement les systèmes industriels (SCADA, ICS, DCS, automates programmables) à des cybermenaces qui, hier encore, ne concernaient presque que l’IT. Or la spécificité du monde industriel, c’est qu’une cyberattaque ne se limite pas à des données volées : elle peut impacter la sécurité des opérateurs, la qualité produit, voire endommager des équipements critiques.

Plusieurs études récentes convergent : la fréquence et la sophistication des attaques sur les environnements OT (Operational Technology) progressent fortement. Ransomware ciblant les lignes de production, intrusions sur des automates, détournement de paramètres de process… Les incidents réels se multiplient, toutes tailles d’entreprise confondues.

Face à cette nouvelle donne, la cybersécurité industrielle n’est plus un sujet “IT” optionnel. Elle devient un enjeu stratégique pour les directions industrielles, les équipes méthodes, maintenance et HSE, au même titre que la sûreté de fonctionnement ou la sécurité des personnes.

SCADA, ICS, OT : de quoi parle-t-on concrètement ?

Avant de parler protection, il est indispensable de clarifier le périmètre. Dans les usines, plusieurs briques techniques coexistent :

Historiquement, ces systèmes étaient isolés, basés sur des protocoles propriétaires, et conçus pour fonctionner de façon stable pendant 10 à 20 ans. Ils n’ont pas été pensés pour résister à des attaques informatiques. La connectivité croissante (liaison avec l’ERP, accès distant, supervision centralisée multi-sites, intégration avec des solutions cloud) a fait exploser la surface d’attaque.

Résultat : des équipements conçus pour être robustes mécaniquement, mais vulnérables numériquement, se retrouvent exposés sur des réseaux de plus en plus ouverts.

Un paysage de menaces qui se professionnalise

Les cybermenaces visant les environnements SCADA/ICS ne sont plus théoriques. Plusieurs types d’attaques sont aujourd’hui observés sur le terrain :

À ces menaces techniques s’ajoute un facteur humain déterminant : manque de sensibilisation des équipes de terrain, confusion sur les responsabilités entre IT et OT, absence de procédures en cas d’incident. Sur certains sites, il n’existe pas de vue consolidée de ce qui est réellement connecté, de qui s’y connecte, ni de la criticité des systèmes.

Enjeux business : pourquoi la cybersécurité OT est devenue un sujet de direction

Les impacts d’une cyberattaque sur un environnement SCADA/ICS dépassent largement le périmètre du service informatique. Ils touchent directement le P&L, la continuité d’activité et parfois la sécurité physique.

Autrement dit, la cybersécurité industrielle n’est pas un sujet purement technique. C’est une composante clé de la résilience opérationnelle, au même niveau que la maintenance préventive ou la gestion des stocks critiques.

Cartographier et prioriser : la première étape souvent négligée

Beaucoup de sites industriels abordent la cybersécurité par le prisme des outils (pare-feu, antivirus, solutions EDR, etc.) sans avoir posé une base essentielle : savoir précisément ce qu’il faut protéger, et avec quel niveau de priorité.

Une démarche pragmatique commence par :

De nombreuses usines découvrent à cette occasion des “effets de bord” de projets passés : une ligne connectée directement à Internet pour faciliter l’assistance d’un OEM, un poste d’ingénierie qui sert aussi à naviguer sur le web, ou encore un automate partagé entre plusieurs réseaux sans segmentation.

Cette cartographie n’a pas besoin d’être parfaite pour être utile. Elle doit être suffisamment fiable pour permettre de prioriser : sur quoi concentrer les premiers efforts de sécurisation pour réduire rapidement le risque.

Sécuriser les SCADA et ICS : 7 leviers concrets activables rapidement

Une fois les enjeux et le périmètre clarifiés, la question devient : que faire, très concrètement, sur un site industriel souvent contraint en ressources et en temps ? Voici sept leviers opérationnels, fréquemment mis en œuvre dans les usines les plus avancées.

Ces actions ne nécessitent pas forcément de gros investissements initiaux. Elles demandent surtout de la coordination entre les équipes IT et les équipes de terrain, ainsi qu’une bonne dose de pragmatisme.

Retours d’expérience : des cas concrets pour mesurer l’impact

Plusieurs industriels ayant engagé une démarche structurée de cybersécurité sur leurs systèmes SCADA/ICS mettent en avant des bénéfices tangibles.

Dans une PME de mécanique de précision, la mise en place d’une segmentation réseau simple (séparation stricte entre bureaux, atelier et télémaintenance) combinée à la revue des accès prestataires a permis d’éviter la propagation d’un ransomware arrivé via une messagerie. Les serveurs bureautiques ont été touchés, mais la production est restée opérationnelle.

Un acteur de l’agroalimentaire multi-sites a lancé un inventaire systématique de ses équipements OT. Résultat : plus de 20 % des automates recensés utilisaient encore des identifiants par défaut, parfois accessibles depuis des réseaux partagés avec des sous-traitants logistiques. En 6 mois, un plan de remédiation ciblé a permis de corriger les cas les plus critiques et de définir des règles pour les nouveaux projets.

Dans une usine chimique classée Seveso, un exercice de gestion de crise “cyber” a mis en lumière l’absence de scénarios spécifiques pour les systèmes de sécurité instrumentés (SIS). L’entreprise a depuis intégré les incidents cyber dans ses études de dangers et adapté ses procédures d’arrêt d’urgence en conséquence.

Ces exemples montrent que l’enjeu n’est pas de tendre immédiatement vers un modèle “zéro risque”, mais de réduire fortement la probabilité et l’impact des scénarios les plus graves, en s’appuyant sur la réalité du terrain.

Culture, compétences, gouvernance : les trois piliers souvent sous-estimés

Les outils de cybersécurité ne suffiront pas sans une évolution des pratiques et des responsabilités. Trois dimensions sont déterminantes pour tenir dans la durée.

De plus en plus d’industriels mettent en place un référent cybersécurité OT au niveau du site ou du groupe, travaillant en binôme avec la DSI et les responsables de production. Cette fonction joue un rôle clé pour éviter que la cybersécurité ne reste “entre deux chaises”.

Passer à l’action : une feuille de route réaliste pour les sites industriels

Pour les directions industrielles qui souhaitent structurer leur démarche sans paralyser les opérations, une approche progressive, sur 12 à 24 mois, est souvent la plus efficace :

Cette feuille de route doit rester adaptable à la taille de l’entreprise, à son secteur d’activité et à ses contraintes réglementaires. Mais la logique de fond reste la même : bâtir progressivement une résilience cyber au cœur même des opérations industrielles.

Les usines connectées offrent des opportunités de performance considérables. Protéger les systèmes SCADA et ICS n’est pas un frein à cette transformation : c’est une condition pour la rendre durable, maîtrisée et acceptable pour l’ensemble des parties prenantes, des opérateurs aux clients finaux.

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