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Automatisation des entrepôts : robots mobiles, wms et nouveaux modèles logistiques au service de la performance opérationnelle

Automatisation des entrepôts : robots mobiles, wms et nouveaux modèles logistiques au service de la performance opérationnelle

Automatisation des entrepôts : robots mobiles, wms et nouveaux modèles logistiques au service de la performance opérationnelle

Automatisation des entrepôts : un tournant stratégique pour la logistique

Pression sur les délais, explosion de la diversité des références, pénurie de main-d’œuvre, hausse des coûts énergétiques : les entrepôts sont devenus des zones de tension pour les organisations industrielles et les distributeurs. Dans ce contexte, l’automatisation n’est plus un sujet « vitrine » réservé aux géants du e-commerce, mais un véritable levier de survie compétitive.

Robots mobiles autonomes (AMR), systèmes de gestion d’entrepôt (WMS) de nouvelle génération, modèles de préparation « goods-to-person », micro-fulfillment centers ou encore entrepôts “dark” : l’offre technologique s’est considérablement élargie, avec des solutions plus modulaires, plus accessibles et plus rapides à déployer.

La question n’est donc plus de savoir si l’entrepôt doit s’automatiser, mais comment le faire de façon rentable, progressive et alignée avec les objectifs business. C’est précisément là que la combinaison robots + WMS + nouveaux modèles logistiques change la donne.

Les enjeux concrets pour les entreprises : coûts, service et résilience

L’automatisation des entrepôts répond à trois priorités opérationnelles majeures.

1. Réduire les coûts opérationnels dans un contexte inflationniste

Entre 2019 et 2024, de nombreux acteurs industriels et de la distribution ont vu leurs coûts salariaux logistiques progresser de 15 à 30 % selon les régions, tandis que les taux de vacance de postes en préparation de commandes restent élevés. Les robots mobiles et la réorganisation des flux permettent :

2. Tenir la promesse client dans un contexte d’instantanéité

Livraison en J+1, J0, créneaux horaires serrés, taux de service supérieur à 98 % : les standards imposés par les pure players du e-commerce contaminent progressivement tous les secteurs, B2B compris. Un entrepôt automatisé permet :

3. Gagner en résilience face aux aléas

Crises sanitaires, tensions géopolitiques, ruptures d’approvisionnement, nouvelles réglementations environnementales : les chaînes logistiques doivent être plus adaptables. L’automatisation modulaire, couplée à un WMS flexible, permet :

Robots mobiles : de la théorie à l’usage terrain

Les robots mobiles autonomes (AMR) ont progressivement remplacé les AGV classiques dans de nombreux projets. Leur atout principal : une plus grande flexibilité d’usage, sans nécessité de lourdes infrastructures au sol.

Quels cas d’usage fonctionnent le mieux aujourd’hui ?

Retour d’expérience typique

Dans un entrepôt de pièces de rechange (35 000 références, forte rotation, activité B2B/B2C), la mise en service de 40 robots mobiles dédiés au prélèvement “goods-to-person” a permis :

Le projet a été calibré de manière modulaire : 20 robots la première année, 20 supplémentaires ensuite, une fois la montée en puissance stabilisée et les process ajustés. Cette logique par vagues successives est aujourd’hui la norme dans les projets réussis.

WMS nouvelle génération : le chef d’orchestre de l’automatisation

Sans WMS adapté, l’automatisation tourne vite au « patchwork » technologique. Le WMS joue le rôle de tour de contrôle qui synchronise :

Qu’est-ce qui distingue un WMS “classique” d’un WMS adapté aux entrepôts automatisés ?

De plus en plus, on voit apparaître un duo WMS + WES (Warehouse Execution System). Le WMS gère les règles métier et les stocks, tandis que le WES pilote finement les équipements automatisés. Pour les sites de taille moyenne, beaucoup d’éditeurs intègrent désormais des fonctions de WES directement dans leur WMS pour simplifier l’architecture.

Nouveaux modèles logistiques : repenser l’entrepôt autour de la demande

Automatiser un entrepôt sans toucher au modèle logistique revient à poser un moteur électrique sur un châssis de voiture thermique : on gagne un peu, mais on ne change pas de catégorie. Trois mutations se dessinent.

1. Du “person-to-goods” au “goods-to-person”

Le schéma historique où l’opérateur se déplace de zone en zone pour prélever les articles montre ses limites en environnement multi-références et à forte intensité de lignes.

Les systèmes “goods-to-person”, basés sur des robots mobiles ou des systèmes automatisés de stockage, permettent de :

2. Micro-fulfillment et entrepôts urbains

Pour répondre aux exigences de livraison J0/J+1, certaines enseignes (alimentaire, pièces détachées, retail spécialisé) déploient des micro-fulfillment centers, souvent partiellement automatisés, proches des bassins de consommation.

Ces sites, plus compacts, sont fréquemment équipés de robots mobiles ou de systèmes automatisés légers, permettant :

3. Dark warehouses et externalisation robotisée

Certains prestataires logistiques (3PL) proposent désormais des entrepôts “dark” ou très fortement automatisés, dédiés à plusieurs clients, avec :

Pour les industriels et distributeurs, ces modèles permettent de tester l’automatisation sans immobiliser massivement du capital, tout en se concentrant sur le cœur de métier.

Mode d’emploi : structurer un projet d’automatisation d’entrepôt

Automatiser un entrepôt reste un projet de transformation, pas seulement d’équipement. Une démarche rigoureuse permet de limiter les risques.

1. Partir des flux réels, pas du catalogue de solutions

2. Définir des objectifs opérationnels chiffrés

Avant de choisir une technologie, il est essentiel de clarifier ce que le projet doit livrer concrètement :

3. Choisir une architecture WMS/robots évolutive

4. Prototyper, tester, ajuster

5. Accompagner les équipes et les managers

Checklist : êtes-vous prêt à automatiser votre entrepôt ?

Avant de lancer un appel d’offres ou de signer pour une flotte de robots, un passage en revue rapide permet d’identifier les chantiers prioritaires.

Mesurer la performance : les indicateurs à suivre

Un entrepôt automatisé n’est performant que s’il est piloté par des indicateurs clairs, compris de tous et suivis dans le temps.

Indicateurs de productivité

Indicateurs de qualité

Indicateurs de disponibilité des équipements

Indicateurs économiques

La dimension clé consiste à rendre ces indicateurs visibles et actionnables au quotidien : tableaux de bord sur les postes de travail, réunions flash, rituels d’animation de la performance.

Pièges à éviter et facteurs de succès

Les retours de terrain convergent sur plusieurs points de vigilance.

Pièges fréquents

Facteurs de succès observés

Robots mobiles, WMS intelligent et nouveaux modèles logistiques ne sont pas une fin en soi. Ils constituent un ensemble cohérent de leviers au service de la performance opérationnelle, à condition d’être alignés avec la stratégie d’entreprise, les attentes clients et la réalité du terrain. Les organisations qui prennent le temps de structurer cette transformation, tout en restant pragmatiques, disposent aujourd’hui d’un avantage concurrentiel difficile à rattraper.

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